Le « révolution » verte pour la décarbonisation du bâtiment souhaitée par l’ONU

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Le secteur du bâtiment, responsable de 37% des émissions mondiales de CO2, doit engager une « révolution » verte pour utiliser moins de béton et plus de matières premières locales issues de la biomasse ou recyclées, condition essentielle pour décarboner la construction, a prévenu l’ONU dans un rapport publié mardi 12 septembre 2023.

Le bâtiment est responsable de 37% des émissions qui causent le changement climatique, et il est en pleine expansion. C’est pourquoi le monde de la construction doit enclencher sa « révolution », a estimé le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) dans un rapport.

En collaboration avec l’université de Yale et une soixantaine de chercheurs et d’architectes internationaux, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) donne des pistes dans un rapport : construire moins de bâtiments neufs, réemployer les matériaux, utiliser moins de béton, et revenir à des matériaux issus de la matière organique comme le bois ou le bambou.

Le monde de la construction a « besoin d’avoir une réduction spectaculaire » du volume de béton neuf utilisé, mais le recul sera « graduel », a indiqué, lors d’un entretien téléphonique avec l’AFP, Anna Dyson, co-auteur du rapport, et directrice du centre pour les écosystèmes de l’université américaine Yale.

Le bâtiment a fait des efforts pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre liées au chauffage, à la climatisation et à l’éclairage. Mais le boom du béton, de l’acier et de l’aluminium à partir de la deuxième moitié du XXe siècle a un effet catastrophique sur le climat. Ces tours qui poussent comme des champignons ont une durée de vie allant de 20 à 50 ans, tout au plus.

« Nous pensons que le béton et l’acier sont plus permanents, mais c’est faux ! Beaucoup des bâtiments construits ces dernières décennies commencent déjà à avoir des problèmes, alors que les structures en terre ou faites à partir de matériaux organiques comme le bois ou les pierres tiennent depuis des siècles et peuvent être rénovées. Nous devons repenser notre façon de bâtir », a ajouté Anna Dyson, de l’école Architecture et Environnement à l’Université de Yale, invitant à revenir à des constructions durables.

Cela veut dire construire moins dans les pays développés en rénovant les bâtiments existants et en réemployant les matériaux. Et pour les pays émergents, construire différemment avec des matériaux moins émetteurs de CO2, le bois ou d’autres, innovants, tirés de déchets agricoles ou forestiers. Pour lancer cette révolution, les Nations unies considèrent que le secteur public devra donner l’exemple.

Moctar FICOU / VivAfrik

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