La Guinée est devenue le deuxième producteur mondial de bauxite, selon un rapport publié, le samedi 28 novembre 2020, par la Banque Mondiale. La Guinée a remplacé l’Australie pour devenir la première fournisseuse mondiale de bauxite à la Chine. Ce pays a contribué à hauteur de 19,83 % aux 353 772 000 tonnes de production mondiale de minerai d’aluminium en 2019. L’industrie de la bauxite fournit à la Guinée les recettes fiscales dont a besoin le gouvernement, pour des milliers d’emplois et les bénéfices des sociétés minières et de leurs actionnaires dont elle bénéficie. En 2019, le gouvernement du président Alpha Condé a pris des mesures pour renforcer la capacité énergétique du pays, après avoir exercé des pressions sur les sociétés minières pour qu’elles construisent des raffineries de bauxite afin d’extraire de l’alumine à haute valeur ajoutée. « Les mines, c’est le développement. Et les mines ne peuvent pas se développer sans énergie. D’ici 2025, nous aurons environ 2 600 mégawatts en termes de production. Nous pouvons en consacrer une certaine quantité aux compagnies minières… Nous garantirons cet approvisionnement en énergie », a déclaré le ministre guinéen de l’Énergie, Cheick Taliby Sylla, en avril 2019, selon Reuters. Il a souligné que le barrage hydroélectrique de Souapiti de 450 mégawatts est le premier projet à grande échelle qui devrait entrer en production. Le barrage est construit par China Water Electric avec un financement de 1,3 milliard de dollars de la China Exim Bank. L’augmentation de l’offre d’électricité, selon le ministre guinéen des Mines, Abdoulaye Magassouba, devrait inciter les entreprises à respecter les calendriers de raffinage fixés dans leurs accords avec le gouvernement. La production mondiale de bauxite devrait provenir principalement d’Australie, d’Indonésie et de Guinée jusqu’en 2029, selon Fitch Solutions, apprend-on de guineeminesnature.com.
Mali : une partie des employés de la mine d’or Syama va de nouveau en grève
Resolute fait de nouveau face à un mouvement d’humeur de ses employés à la mine d’or Syama au Mali. Ils réclament toujours le retour au travail de certains camarades. Cette fois-ci néanmoins, la grève de 120 heures n’est pas suivie par tous, ce qui réduit le risque de baisse de la production. Le comité local de l’Union nationale des travailleurs maliens (UNTM) a déclenché un nouveau mouvement d’humeur à la mine d’or Syama, propriété de Resolute Mining. Les employés ont cessé de travailler depuis le lundi 7 décembre et poursuivront leur action jusqu’au 11 décembre. Ils réclament toujours, apprend-on, la régularisation de la situation de certains de leurs camarades affectés par la pandémie de Covid-19. Certains ont été mis en congés payés alors que les autres le sont sans solde. Cependant, les premiers signes d’essoufflement de l’initiative débutée en septembre sont peut-être visibles car la totalité des travailleurs n’y participe pas cette fois, ce qui devrait limiter les effets négatifs sur la production d’or. « Les opérations ne se sont pas complètement arrêtées, certains travailleurs faisant fonctionner les machines pour une production minimale », a confié à Reuters Karim Fomba, secrétaire général du syndicat de la mine, précisant tout de même que 95% des employés étaient concernés par la grève. Pour rappel, c’est la quatrième interruption des activités annoncée à la mine d’or Syama depuis septembre dernier, mais aussi la plus longue. Elle fait suite à une grève de 72h lancée en novembre à l’échelle nationale par l’UNTM. Resolute Mining n’a jusque-là fait aucun commentaire, souligne agenceecofin.com.
Alteo : plus qu’un seul candidat à la reprise de l’usine de Gardanne
Le dernier projet en lice présenté au tribunal de commerce mardi 8 décembre 2020, celui d’UMS, propriété de l’homme d’affaires franco-libano-guinéen Fadi Wazni, prévoit l’arrêt de l’importation de bauxite et pourrait aboutir à la suppresssion de 98 postes. « J’ai retiré notre offre ». Xavier Perrier, l’un des deux derniers candidats à la reprise d’Alteo, leader mondial de l’alumine de spécialité, en redressement judiciaire et dont dépendent près d’un millier d’emplois, a annoncé le retrait de son offre, mardi 8 décembre, au tribunal de commerce de Marseille. Seule reste donc en lice l’offre du groupe de logistique implanté en Guinée United Mining Supply (UMS). L’ex-directeur de l’usine implantée de Gardanne (Bouches-du-Rhône), qui transforme la bauxite, une roche rouge importée notamment de Guinée, en alumine de spécialité utilisée dans la fabrication des écrans de smartphones ou encore dans l’industrie automobile, a fait cette annonce à la sortie de l’audience à huis clos. Xavier Perrier, qui s’était adossé à l’industriel Alain de Krassny, propriétaire de l’entreprise chimique Kem One, a expliqué sa décision principalement par l’absence de réponse de l’Etat à une demande de garantie de prêt de 50 millions d’euros. Le projet de reprise de MM. Perrier et de Krassny baptisé Alto prévoyait de conserver l’ensemble des activités de l’usine et les quelque 500 salariés du site et à valoriser les résidus de bauxite pour le secteur du BTP ou encore pour le traitement des eaux usées. L’usine, qui génère également plus de 400 emplois indirects, faisant d’elle l’un des plus gros employeurs de la zone d’Aix-en-Provence, utilise un procédé industriel inventé il y a plus de 120 ans qui fait l’objet de critiques environnementales récurrentes. Durant des années, l’usine a rejeté ses boues rouges dans la Méditerranée. Désormais dépollués, ces résidus sont stockés sur des terrains à ciel ouvert sur la commune voisine de Mange-Garri au grand désarroi de certains habitants qui déplorent notamment l’envol des poussières et redoutent la pollution des nappes phréatiques. « La question des boues rouges a ‘hystérisé’ les débats malheureusement au détriment de l’emploi et du PIB de la région », a regretté mardi Xavier Perrier, estimant que la polémique avait porté préjudice à ses demandes auprès de l’Etat. Le projet d’UMS, propriété de l’homme d’affaires franco-libano-guinéen Fadi Wazni, prévoit notamment de son côté la reprise d’une partie de la dette d’Alteo, et, au terme d’une transition de 12 à 18 mois, l’arrêt de l’importation de bauxite. Il n’importerait plus que de la poudre brute d’Europe notamment qu’il raffinerait sur place. Cette évolution aboutirait à la suppression de 98 emplois au maximum – en essayant de se rapprocher le plus possible de zéro – principalement centrés sur la transformation de la bauxite.
Moctar FICOU / VivAfrik