La Banque mondiale finance un projet d’irrigation au Sahel

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La Banque mondiale a financé un projet de 25 millions de dollars visant à améliorer les capacités d’irrigation dans quelques pays du Sahel, sujets à des disettes, et dont l’agriculture est largement tributaire de la pluviométrie.

Cette décision de la Banque mondiale fait suite à la publication des estimations de l’Organisation des Nations Unies (Onu) relevant que près de 5 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire à cause de la mauvaise pluviométrie au Sahel. Cet appui entre dans le cadre de l’aide accordée aux Etats afin de mieux affronter les aléas climatiques.

Ainsi, la Banque mondiale veut contribuer à la réduction de l’impact de la mauvaise pluviométrie dans au Sahel, en finançant un projet pour l’amélioration des capacités d’irrigation dans la région. Le gouvernement du Niger, l’un des pays sahéliens les plus vulnérables face à la sécheresse, et une délégation de la Banque mondiale ont signé le 4 mai 2018 à Niamey une convention de financement. L’apport de la Banque mondiale -d’une valeur de 13 milliards de FCFA, soit 25 millions de dollars- devrait appuyer une initiative régionale pour l’irrigation au Sahel. Tout est parti d’une résolution commune de la Banque mondiale et de l’Onu, lancée il y a 5 ans à Dakar, la capitale Sénégalaise, durant le sommet de haut niveau sur l’irrigation. L’approche régionale est basée sur les solutions dans six pays du Sahel, à savoir le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad afin d’améliorer les capacités d’irrigation et d’accroître les superficies irriguées.

Objectif, un million d’hectares irrigués en 2020

A terme, le programme devrait aboutir à 1 million d’hectares irrigués au Sahel à l’horizon 2020. « Le caractère régional du projet se justifie par la forte volonté de coopération entre les Etats du Sahel. Une coopération qui leur permet d’améliorer la performance du secteur irrigué, d’accélérer les investissements en travaillant très concrètement sur la façon de faire les choses », a expliqué Mme Soukeyna Kane. A cette dernière de préciser qu’au-delà des échanges de connaissances, il est aussi question de partager le processus et les modalités de mise en œuvre.

L’idée est de favoriser l’appropriation par les acteurs des solutions adaptées aux besoins des producteurs a-t-elle précisé. Sur cette lancée, la ministre Nigérienne du Plan, Aïchatou Boulama Kané, a annoncé un portefeuille de projets élaborés pour « prendre en en compte les potentiels en ressources en hydrauliques, les préoccupations liées à la sécurité foncière, la réhabilitation et la construction de nouveaux schémas d’irrigation et toutes autres infrastructures permettant le désenclavement des zones concernées et l’évacuation des productions ». Le financement de la Banque mondiale qui bénéficiera aux différents pays du Sahel, arrive à point. Rien qu’au Niger, 9 700 bénéficiaires directs sont concernés, dont 35% de femmes, dans 17 communes de onze départements situés dans les régions d’Agadez, de Dosso, de Tillabéry et de Tahoua. Les besoins identifiés sont énormes.

Bilan alarmant

En mai 2017, il y a une année, trois agences de l’Onu (PAM, UNICEF et FAO) et des organisations de la société civile ont organisé une conférence à Dakar pour alerter la communauté internationale sur la situation alimentaire dans six pays du Sahel à savoir, le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. Les organismes internationaux y ont indiqué que dans la zone du Sahel, près de 1,6 million d’enfants sont en risque de malnutrition et 2,5 millions d’éleveurs et agro-éleveurs ont besoin d’une aide d’urgence, notamment au sud de la Mauritanie, au nord du Sénégal et au niveau de quelques parties du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad.

La zone du Sahel, que partagent plusieurs pays africains, subit de plein fouet les changements climatiques avec des périodes de sécheresse. Elle provoque une baisse du rendement agricole et décime le bétail, occasionnant des disettes, de la malnutrition.

Moctar FICOU / VivAfrik

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