La Déclaration de Rabat sur le climat adoptée vendredi 27 octobre 2017 à l’issue de la réunion parlementaire africaine sur les changements climatiques a appelé à la création d’un forum parlementaire africain pour le climat et le développement durable. Les détails.
Les présidents des parlements nationaux et régionaux et les présidents des instances parlementaires africaines participant à une rencontre de concertation tenue sous le thème «climat et développement durable, des accords vers l’action : vision des parlementaires africains», ont plaidé pour la création au sein de l’Union parlementaire africaine d’un groupe de travail parlementaire africain chargé de plaider pour la défense des intérêts des pays africains auprès des mécanismes et programmes internationaux de financement et ceci pour faire face aux effets des déséquilibres climatiques. Dans ce cadre, ceux-ci ont souligné la nécessité d’intensifier les consultations et de renforcer la coordination durant les conférences des parties à la Convention-cadre des Nations-unies sur le changement climatique (Cnucc), notamment à la COP23 qui se tiendra à Bonn en Allemagne entre le 6 et le 17 novembre prochain, et ceci pour le plaidoyer effectif et positif visant à faire part à la communauté internationale des préoccupations des pays africains quant aux changements climatiques, a-t-on appris de nos confrères de leseco.ma. Les signataires de la déclaration ont ainsi appelé à la préparation des rapports à destination des organisations parlementaires multilatérales sur les progrès de la mise en œuvre des engagements internationaux envers l’Afrique afin de réduire l’impact des déséquilibres climatiques sur les pays du continent. De même, ils ont invité les États et les organisations donateurs à remplir d’une manière urgente leurs obligations vis-à-vis du «Fonds vert pour le climat» comme mécanisme pour l’atteinte de l’objectif de transférer les crédits des pays riches vers les pays en voie de développement, en particulier les plus vulnérables d’entre eux qui sont en même temps les plus affectés par les déséquilibres climatiques et à injecter les fonds nécessaires pour mettre en œuvre des initiatives ciblées et réduire les effets des déséquilibres climatiques sur les peuples africains. Les participants ont également exprimé leur soutien à l’Initiative d’adaptation de l’agriculture africaine, qui a été formulée et lancée à la veille de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, tenue à Marrakech en 2016 (COP 22). Ils ont aussi appelé à une utilisation optimale et rationnelle de la richesse marine du continent, par la lutte contre l’exploitation excessive et sans discernement des organismes marins et l’élaboration de plans nationaux d’investissement dans le secteur de la pêche, ce qui est de nature à combler le déficit alimentaire, à créer des emplois et à développer les compétences nécessaires pour transformer le secteur en une industrie nationale, qui contribue à l’activité économique et sociale, à l’exploitation et à la production de la valeur ajoutée à l’exportation. Les participants à la réunion ont également mis l’accent sur l’importance d’investir dans la production d’énergie à partir de sources renouvelables, d’autant plus que l’Afrique qui dispose d’un énorme potentiel de ces ressources est un marché prometteur dans le domaine de l’énergie. Les parlementaires africains ont par ailleurs renouvelé à cette occasion leur attachement aux progrès réalisés dans le cadre des engagements internationaux en matière de changements climatiques, qui ont abouti à l’Accord de Paris et à la Déclaration de Marrakech pour œuvrer en faveur du climat et du développement durable.
Dans ce sens, ils ont exprimé leur refus catégorique de tout recul concernant les conventions déjà arrêtées, invitant les parlements nationaux à mettre en œuvre ce qui a été déjà convenu et faire face à tout recul concernant ces engagements. La réunion qui intervient dans le cadre des préparatifs de la COP23 aura lieu en novembre prochain à Bonn et vise à promouvoir la participation des parlementaires africains dans les instances internationales pour défendre les intérêts stratégiques de leurs pays, formuler des propositions, répandre les bonnes pratiques et examiner les questions en instance portant sur la contribution des parlementaires dans la mise en œuvre de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, outre les différents défis auxquels ils doivent faire face. Cette manifestation, qui a connu la participation des présidents des parlements régionaux et provinciaux africains et des personnalités éminentes du monde politique et diplomatique, a permis de coordonner les efforts et d’unifier les points de vue à même d’impacter le processus des négociations lors des Conférences des parties ou des réunions bilatérales entre pays.
Moctar FICOU / VivAfrik