L’huile de palme divise l’Afrique centrale

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La grogne est montée en 2016 en Afrique centrale, notamment au Gabon et au Cameroun, contre les méga-plantations d’huile de palme financées par des groupes asiatiques, américains ou européens, accusés de menacer les forêts du bassin du Congo après celles d’Indonésie et de Malaisie.

Extraite par la pression à chaud de la pulpe ou de la chair des fruits, moins chère que le soja, le tournesol ou l’olive, cette huile artisanale est très prisée dans les foyers africains. Mais elle remporte la palme de la contestation une fois produite et exportée à l’échelle industrielle, renseigne maliactu.net. Sa production en Asie ou en Afrique accélère la déforestation et le réchauffement climatique et menace la faune accusent les défenseurs de l’environnement. La polémique vient de rebondir au Gabon où la forêt recouvre 80% du territoire (267.667 km2). Deux ONG – Brainforest et Mighty – ont enquêté sur les activités d’Olam, un groupe agro-industriel de Singapour partenaire privilégié du gouvernement. Olam indique avoir planté 58.000 hectares de palmiers au Gabon. « On peut estimer qu’Olam a déboisé depuis 2012 environ 20.000 hectares de forêts dans ses concessions gabonaises à Awala et Mouila. Des enquêteurs sur place ont vu et filmé des bulldozers abattant de grands arbres et sur une vaste échelle », accusent Brainforest et Mighty dans leur rapport publié mi-décembre. Olam a avancé le chiffre de 25.000 hectares, précisant que cette superficie ne représentait que 0,1% des zones forestières du Gabon, et qu’il s’agissait « de forêts secondaires hautement exploitées et dégradées ».

Pour sa défense, Olam a publié mardi un encart publicitaire vantant ses apports au Gabon: « 1.100 hectares de cultures vivrières », « 10.922 emplois directs créés », « 251 km de route »… Dans leur rapport, les deux ONG redoutent que le bassin du Congo, poumon de l’Afrique, ne connaisse le même sort que les forêts de Sumatra en Indonésie et Bornéo en Malaisie. « Il y a quelques décennies encore, ces endroits étaient presque entièrement recouverts de forêts, un paradis pour les orangs-outans, les rhinocéros, les éléphants et les oiseaux exotiques. Aujourd’hui, seuls 20 à 30% seulement de la couverture forestière existe encore ». Les deux fronts existent toujours au Cameroun. Dans la région du Sud-Ouest, 244 fermiers ont porté plainte pour « violation de propriété » contre une entreprise qui entend planter 20.000 hectares de palmiers à huile.

Moctar FICOU / VivAfrik

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